mercredi 22 mai 2013

22-5-13



lentes avalanches de nuage et de vent
corps brassé par les coulées de pluie sur la campagne
une rupture d'oiseau pour démettre l'ordre des captifs
sur elle les couches se retournent et s'émerveillent

du vol qui s'abandonne
reflète la déclinaison des pupilles
s’enivre du gouffre de poitrine par où tout paysage
s'effondre

c'est un sifflement quelques plaintes de feuilles
qui font témoignage de
l'horizon mutant
oracles

des fossés
gras
bouillonnants
qui débordent vers la promesse

écume d'Hespérie
île lointaine où le futur s'embroche
comme un cœur froid
sur le double-désir de fumées&embruns



mardi 21 mai 2013

21-5-13



enfance projetée contre les murs
enfance grise rompue en son milieu
il n'y avait pas de sacrifices à cette époque
pas d'urne aux terribles destins
les monstres se tenaient près des tables
très communs et mangeaient leur soupe

peux pas
passe passe passera
l'empreinte des mains était teintée de rouge collait un peu au cou
passe passe passera
peux pas

l'ombre des monstres est tenace
hors du temps elle arase le lieu plat tout est plat tout est vague
un brouillard enveloppe les langues la perspective fond humains&objets
tout amour est pâteux tout amour est poignard
dès lors tout est instruit de l'absurde mélange

les drames se comptent en petites coupures
c'est toi qui voulais
se plaindre est aussi vide qu'un ciel sans fonds
tu ne sais pas tout
plus atroce toujours frappe à la porte du voisin
fin

le monde refleurit façon amandiers dans un flot de pétales immense & brutal
on plonge au fond de mers qui miroitent des poèmes troués d'infinis
on s'englue au réseau des étoiles & de l'administration on croît
à la manière des bêtes & des prières
on nomme beaucoup de silence on enclot beaucoup


lundi 20 mai 2013

20-5-13



nature emplit          :          vide épouvante.
mémoire de la guerre qui accosta le temps
quand rien encore ne se connaissait
quand rien déjà s'accomplissait
dans la tension des soudain-naissants

depuis tout se replie & strate
tout couche sur couche se nomme
& apparaît

pâles figures des dieux
figures veinées des hommes
croissant de lèvres entrouvert
qui balbutie les lunes            .           depuis mon amour
flottant entre les souches          frappant entre les souches
la peau des profondes rumeurs



vendredi 17 mai 2013

17-5-13



là passe toute substance & naît l'isthme
& de lui naissent les eaux
au nœud des temps & du lieu
& & &
brossés de suie ou de vide
nous en plein champ de neige
on s'évertue        on repeuple
la traversée
de forces muettes ou hurlantes               courbés pliés morts
presquemorts           nous
on poursuit la ligne des cultures
clamant parmi les ruines la cymbalaire
émerveillés par son cœur de ciel&d'or
à l'ombre des pierres
dévorant notre suite
on ajoute au chemin la nuée transparente
& sa face grêlée
ab ovo


mercredi 15 mai 2013

15-5-13




se résout la matière avec ses doubles-fonds
se résout là en masse&magma
dans les caisses hauturières
d'un océan braillant autour de la table.
Des bêtes rampent.
Des bêtes volent.
Des bêtes, tête penchée, semblent ignorer le monde
ici danse. ici pleure. ici saigne.
entre deux     :     l'échalier.
il se cambre appelle supplie mais personne (ou un ou une) n'ose y risquer son pas.
falaise de granit & de mots. l'au-delà tremble d'un chant
qui s'enlace de rameaux & de rivières.
d'isthmes. des vastes respirations d’aubépines.
Pourtant.

mardi 14 mai 2013

14-5-13

Abraham Mignon


forcée la parole
tombée dans le sang
cuvette émail danse épaisse du caillot       ta gueule !

la branlante               mon toit se troue
d'une multitude d'inverses
d'entre les lattes du plancher
pulsent des bouffées de sel – pied gauche
des bouffées de soufre – pied droit              .              ça se balance &
dire appartient peut-être aux étoiles         dire appartient
si peu à celle qui balbutie d'erreur & de ruine

on traverse sa petite misère
bon an mal an                                     ta gueule !
très loin des images pieuses
les chevilles alourdies par un plein ciel de failles
la gorge tendue vers                                     terrematerre
un impossible amour


dimanche 12 mai 2013

12-5-13



iris&berce
berce&iris
le monde s'étend charme
se dit parle s'éteint
entre deux feuillets de lumière
souffle des jours & des nuits
début des éternités vides
& lui o lui qui hante depuis la minute Sienne
une part de terre où repose ma faim